Arsène Welkin
@ Dorota Jedinakova
[FR]
Né à Paris en 1993, Arsène Welkin vit et travaille à Arles (France).
Animée par une quête de contemplation et d’authenticité, l’œuvre d’Arsène Welkin prend forme à travers des natures mortes et des portraits, où des figures familières côtoient des êtres imaginaires, souvent imprégnés de traditions et de références historiques.
La figure du torero constitue un motif récurrent dans son travail. Elle lui permet d’aborder la tauromachie comme une métaphore du geste artistique. Torero et peintre, chacun à leur manière, mettent leur vie en jeu dans une même recherche de vérité, ainsi que l’expose Michel Leiris dans Le Miroir de la tauromachie (1938), essai dont l’artiste s’inspire directement. L’univers figuratif d’Arsène se nourrit ainsi de son environnement quotidien et mêle croyances, festivités, folklore, voyages et introspection, ouvrant une réflexion plus large sur le caractère éphémère de la vie.
Diplômé en philosophie de l’Université Paris-Sorbonne, peintre et musicien autodidacte, Welkin a présenté plusieurs expositions personnelles, telles que Les Chambres invisibles au Hameau des Baux, Le Paradou, France (2025) ; De pain et d’or à la Rigotang Gallery, Marrakech, Maroc (2025) ; Les Lucioles à la Double V Gallery, Paris, France (2023) ; Bestiaire Fantastique au Centre d’art René d’Anjou, Château de Tarascon, France (2021) ; Déambulatio Temporis à La Maison Close, Arles, France (2020). Il a également participé aux salons ARCO Madrid, Future Fair New York, Art Paris, et Luxembourg Art Week.
Parallèlement à ses prochaines expositions personnelles et collectives, il réalise actuellement une œuvre monumentale pour la Feria du Riz à Arles (septembre 2026), conçue comme un hommage à Goya. Ses œuvres font partie de plusieurs collections privées et institutionnelles, dont la Fondation Thalie (Bruxelles et Arles).
[EN]
Born in Paris in 1993, Arsène Welkin lives and works in Arles (France).
Driven by a quest for contemplation and authenticity, Arsène Welkin’s work takes shape through still lifes and portraits, where familiar figures coexist with imaginary beings, often imbued with traditions and historical references.
The figure of the torero constitutes a recurring motif in his work. It allows him to approach bullfighting as a metaphor for the artistic gesture. Torero and painter, each in their own way, put their lives at stake in the same search for truth, as articulated by Michel Leiris in Le Miroir de la tauromachie (1938), an essay from which the artist draws direct inspiration. Arsène’s figurative universe is thus nourished by his daily environment and weaves together beliefs, festivities, folklore, travels, and introspection, opening onto a broader reflection on the ephemeral nature of life.
A graduate in philosophy from the University of Paris-Sorbonne, a self-taught painter and musician, Welkin has presented several solo exhibitions, including Les Chambres invisibles at Hameau des Baux, Le Paradou, France (2025); De pain et d’or at Rigotang Gallery, Marrakech, Morocco (2025); Les Lucioles at Double V Gallery, Paris, France (2023); Bestiaire Fantastique at Centre d’art René d’Anjou, Château de Tarascon, France (2021); Déambulatio Temporis at La Maison Close, Arles, France (2020). He has also participated in the fairs ARCO Madrid, Future Fair New York, Art Paris, and Luxembourg Art Week.
Alongside his upcoming solo and group exhibitions, he is currently producing a monumental work for the Feria du Riz in Arles (September 2026), conceived as a tribute to Goya. His works are part of several private and institutional collections, including the Thalie Foundation (Brussels and Arles).
Vue d’exposition, “L’Air Des Cadences”, DoubleV Gallery, Marseille, 2026 @ Jean-Christophe Lett
Vue d’exposition, “L’Air Des Cadences”, DoubleV Gallery, Marseille, 2026 @ Jean-Christophe Lett
Vue d’exposition, “L’Air Des Cadences”, DoubleV Gallery, Marseille, 2026 @ Jean-Christophe Lett
[FR]
Avec « L’air des cadences », Arsène Welkin présente une nouvelle exposition personnelle à la Double V Gallery de Marseille, où la peinture se fait espace d’expression des corps, des rythmes et d’abandon de soi. Le titre lui-même par ses sonorités, offre une double lecture ; celle d’une atmosphère muable par l’impulsion des cadences, et celle d’une ère décadente de nos certitudes et de nos rêves.
Quand le territoire devient incertain, la musique est ancrage. Les peintures deviennent ici, le remède des maux en images. Des mouvements libres qui ne cherchent plus à être beaux ou maîtrisés, ils sont une nécessité. Une échappatoire aux pierres de la cité, comme un espace suspendu, évitant le poids du monde. Parfois, ils sont là pour mieux l’habiter. Les pas ancrés, le casque, les mains aériennes, le regard intense ; la musique devient une matière visible. Une vitalité qui guide chaque figure dans une présence tantôt active, tantôt passive – mais toujours pleine et incarnée.
Depuis ses débuts, Arsène Welkin explore un vocabulaire plastique où motifs et symboles dialoguent avec des ancrages culturels forts : le costume, la figure du torero, les pratiques vernaculaires empreintes de son environnement à Arles et non loin, des Saintes-Maries-de-la- Mer. C’est en résidence à Marrakech en 2025, qu’Arsène Welkin tend davantage l’oreille et son pinceau vers la musique. Doucement, des musiciens s’installent dans ses peintures, des instruments aussi. Commence alors, une attention particulière à l’expression des musicalités du Monde. Le flamenco s’impose ainsi comme point de convergence.
Demeurant dans la tradition, on entend le flamenco comme on le voit. Il est un art qui regroupe plusieurs pratiques : le chant, l’instrumental et les palmas avec Ferdinand, 2026, les talons ne sont jamais loin - Samia, 2026 - , ils claquent - Julie, 2026, les robes volent - Marisol, 2026 , etc. Si d’ordinaire, son vocabulaire plastique se nourrit d’esthétiques méridionales. Arsène s’était attaché à représenter des scènes de vie, d’intérieurs, d’apparats, et des décors, qui participent pleinement à la construction de ses œuvres, saturées de motifs et d’intimes. A rebours, les toiles d’aujourd’hui ne présentent que peu de compagnie dans leur contexte. Volontairement sobre, ces aplats de couleurs qui entourent les caractères accentuent la présence des figures. Des personnages souvent isolés, saisis dans leur propre cadence. Chacun, chacune, nommé.e.s dans leur singularité est convié.e.s pour un temps, autour de la musique. A taille humaine, presque frontale, les toiles nous invitent auprès d’elles.
Nous voilà dans « L’air des cadences ».
Dans la continuité de ses œuvres regardant des cultures singulières et marginales, Arsène Welkin trouve une autre brèche pour mettre en scène, et montrer le partage. Entre exubérance et intériorité, deux registres coexistent, rappelant les polarités du flamenco : porteur de joie les plus éclatantes, des alegrías avec Jade et Mathis, 2026, et la gravité des soleares, avec Marguerite et Bridgetta, 2026, où apparaissent solitude et mélancolie. « L’air des cadences » propose ainsi un regard sur la danse comme expérience fédératrice, comme manifestation, comme expression et acte de résistance. Dans cette « ère décadente » entendue non comme déclin mais comme effritement des cadres, Arsène Welkin fait de la peinture un lieu de passage entre soi et l’autre, où le mouvement devient l’expression le plus juste de ce qui, en nous, cherche à exister.
Jessy Ganhataregedara
[EN]
With « L’air des cadences », Arsène Welkin presents a new solo exhibition at Double V Gallery in Marseille, where painting becomes a space for the expression of bodies, rhythms, and self-abandonment. The title itself, through its sonority, suggests a dual reading: that of an atmosphere shaped by the impulse of cadences, and that of a decadent era in which our certainties and dreams begin to waver.
When territory becomes uncertain, music becomes an anchor. Here, the paintings act as remedies, translating affliction into images. These are free movements that no longer seek to be beautiful or controlled; they are a necessity. An escape from the stone of the city, like a suspended space that lightens the weight of the world. At times, they allow us to inhabit it more fully. Feet grounded, headphones on, hands airborne, an intense gaze; music becomes a visible material. A vitality guides each figure, shifting between active and passive states, yet always fully present and embodied.
Since his early practice, Arsène Welkin has developed a visual language in which motifs and symbols engage with strong cultural anchors: costume, the figure of the torero, and vernacular practices rooted in his environment in Arles and nearby Saintes-Maries-de-la-Mer. During a residency in Marrakech in 2025, Welkin turned both his ear and his brush more distinctly towards music. Gradually, musicians began to appear in his paintings, as did instruments. What emerges is a heightened attention to the expression of musicalities from around the world. Flamenco becomes a point of convergence.
Rooted in tradition, flamenco is heard as much as it is seen. It is an art form that brings together multiple practices: singing, instrumentation, and palmas - Ferdinand, 2026; heels are never far away - Samia, 2026; they strike - Julie, 2026; dresses whirl, Marisol, 2026; and so on. Whereas his earlier work drew from southern aesthetics and often depicted scenes of life, interiors, ornamentation, and settings, compositions dense with pattern and intimacy ; these new canvases offer little contextual company. Deliberately pared back, the flat fields of color surrounding the figures intensify their presence. Often isolated, the characters are captured within their own cadence. Each one, named in their singularity, is invited, for a moment, into a shared space around music. At human scale and almost frontal, the paintings draw us in.
We find ourselves within « L’air des cadences ».
In continuity with his engagement with singular and marginal cultures, Arsène Welkin opens a new space to stage and reveal forms of togetherness. Between exuberance and interiority, two registers coexist, echoing the polarities of flamenco: the brilliance of joy, as in the alegrías with Jade and Mathis, 2026, and the gravity of the soleares, with Marguerite and Bridgetta, 2026, where solitude and melancholy emerge. « L’air des cadences » thus proposes a vision of dance as a collective experience, as a form of manifestation, as expression, and as an act of resistance. In this “decadent era”, understood not as decline but as the erosion of established frameworks, Arsène Welkin makes painting a site of passage between self and other, where movement becomes the most accurate expression of what, within us, seeks to exist.
Jessy Ganhataregedara
Arthur et Simone, 2026
oil paint and oil pastel on canvas
160x 58 cm · 62,99 x 22,83 in.
© Jean-Christophe Lett
Marguerite et Bridgetta, 2026
oil paint and oil pastel on canvas
160 x 113 cm · 62,99 x 44,48 in
© Jean-Christophe Lett
Jade et Mathis, 2026
oil paint and oil pastel on canvas
132 x 75 cm · 51,96 x 29,52 in
© Jean-Christophe Lett
Samia, 2026
oil paint and oil pastel on canvas
104 x 76 cm · 40,94 x 29,92 in
© Jean-Christophe Lett
Vue du stand Art Paris, 2026 - Double V Gallery
Vue du stand ARCO Madrid, 2026 - Double V Gallery @ Nicola Morittu
Lou, 2026
oil paint and oil pastel on canvas
60 x 50,5 cm · 23,62 x 19,88 in
© Jean-Christophe Lett
Torero aux roses, 2026
oil and oil pastel on canvas
65 x 53,7 cm · 25,6 x 20,9 in
© Jean-Christophe Lett
Femmes se coiffant 2026
oil and oil pastel on canvas
100 x 79,7 cm · 39,4 x 31,1 in
© Jean-Christophe Lett
Bouquet 2025
oil and oil pastel on paper
81 x 61 cm · 31.9 x 24 in framed
© Jean-Christophe Lett
Torero, 2025
oil and oil pastel on canvas
106 x 76 cm · 42 x 30 in 111 x 81 cm · 44 x 32 cm framed
© Jean-Christophe Lett
Femme à la serviette, 2025
oil and oil pastel on paper
65 x 50 cm · 26 x 20 in
© Jean-Christophe Lett
Vue du stand Future Art Fair, 2024 - Double V Gallery @ Adam Reich
Art Paris, 2024, © Grégory Copitet
Vue de l'exposition Constructeur de miroirs, 2021 - Double V Gallery @ Nassimo Berthommé
Vue de l'exposition Constructeur de miroirs, 2021 - Double V Gallery @ Nassimo Berthommé
Vue de l'exposition Mano a Mano, 2021 - Château de Tarascon @Beatriz De Souza
