Caroline denervaud

 

Texte de Jean-Christophe Arcos

« Ils ne verront plus le mouvement. Mais cela continuera à danser, au-delà d’eux, d’ici. Et de nous. Cela commence déjà. » Yan Allégret

Caroline Denervaud présente plus qu’elle ne représente : en conservant sur le papier la trace de ses mouvements, elle fait d’eux les témoins de son être-là et de son existence. Le trait, courbe ou anguleux, ample et généreux dans sa couleur, renvoie d’abord à une abstraction : la chair et les gestes paraissent s’être soustraits à la surface sur laquelle ils se sont déposés. 

Maurice Estève ou Serge Poliakoff faisaient de l’abondance de formes saturées la pulpe même de l’espace pictural, Mario Prassinos ou Hans Hartung n’en dévoilant que les squelettes d’encre. Par ses lignes courantes ou ses larges aplats, Caroline Denervaud écrit une partition singulière où la force des impulsions et la vivacité des couleurs vibrent. Dans la chaleur de son éphémère compagnie, le papier se tend comme la membrane d’un instrument. 

L’image nouvelle crypte autant qu’elle poursuit le récit de la fusion intime qui lui a donné le jour. Si la danse et la peinture étaient des langages étrangers, le travail de Caroline Denervaud en serait sans doute la clef de chiffrement, la zone où leurs limites respectives se chevauchent. Cet effort de translation la situe dans une contiguïté sensible avec les échanges entre Lucinda Childs et Sol Lewitt, ou avec les recherches développées dans l’exposition chorégraphique Work/Travail/Arbeid d’Anne-Teresa de Keersmaeker, débordant cartographie et anthropométrie, elle y impulse un mouvement dont la palpitation est à la fois prolongée et figée. 

Avançant sur la ligne de crête de tous ces paradoxes, avec l’attitude humble d’une recherche en veille, Caroline Denervaud combine l’ensemble des moyens à sa disposition, les hybride, les métamorphose. Chaque pièce trouve alors son propre déploiement, sa propre vibration et sa propre durée.

J-C Arcos

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« Mon travail porte sur un équilibre, la recherche d’une stabilité instable. Le travail sur le mouvement se crée dans une improvisation, laissant le corps et son émotion créer une trace. Le geste, balance de l’intrinsèque à l’extrinsèque. Le rythme crée la ligne, la forme mouvante du corps s’impose en figure animée, composant des possibilités visuelles, jouant sur la tension ou le lâcher prise, la lenteur ou la rapidité, dans un espace et temps restreints. Cette performance auto filmée, laisse ainsi une trace sur papier, complétée ou non plus tard à la gouache. Le travail de peinture se construit dans un jeu d’équilibre de formes et de couleurs. Compositions presque abstraites, rencontres et éloignements. Les éléments narrent une histoire cachée, le ressenti est fixé sur le papier. »

Née en 1978 à Lausanne, CAROLINE DENERVAUD s’initie à la danse, contemporaine et classique. Par le geste, rythmé et à travers l’improvisation elle trouve un moyen d’expression fort, vibrant. Elle étudie la danse, la chorégraphie et la méthode Laban au Laban Center à Londres puis explore une recherche plus plastique aux Beaux-Arts de Paris. Caroline finit par étudier le stylisme de mode au Studio Berçot. Aujourd’hui, elle propose ses peintures, traces et collage de Los Angeles à Paris et Marseille, en passant par Melbourne.

 

 

2018:

Paréidolie Drawing Art Fair, Double V Gallery, Marseille

 A Piece Appart, Double V Gallery, cur. by Emmanuelle Oddo, Marseille

2017:

OVNI Movimenta, Salon Camera Camera, Moving-Art, Nice

Galerie Nord, Lille

salon Antibes art fair, Moving- Art, Antibes

Exposition éphémères rue de Turenne, Galerie Nord, Paris

commissions:

Hotel Les Roches Rouges, St Raphaêl

Set for Roksanda fashion show fall 2018

 

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