Anne-Valérie Gasc

 

Anne-Valérie Gasc artiste. Née en 1975, elle vit et travaille à la Friche Belle de Mai, à Marseille, où se situe son atelier. Son travail tisse un lien contradictoire entre les conditions d’apparition d’une œuvre d’art et celles de la disparition, la démolition, le foudroyage intégral de l’architecture. Son œuvre est présentée régulièrement en France comme à l’étranger : à Paris (Pavillon de l’Arsenal, Maison Rouge, galerie nationale du Jeu de Paume), Tours (CCC), Lyon (IAC) et Marseille (FRAC PACA) ; à Amsterdam (FOAM), New York (Gagosian gallery), Sydney (Biennale de Media Architecture) ou encore en Slovénie (musée d’art moderne et contemporain de Maribor) et en Allemagne (HMKV à Dortmund) notamment.
 
« Lorsqu’Edward Ruscha publie de 1963 à 1965 ses trois premiers livres d’artiste, il revendique la banalité des promenades photographiques qu’il propose, ni significatives, ni techniquement ou plastiquement remarquables. Pour autant, selon moi, la succession en triptyque de ces œuvres fabrique un protocole de révolte et de destruction. À mes yeux, Twenty six Gazoline Stations (1963) recense vingt-six points d’essence en tant que sources d’énergie inflammable et explosive. Various Small Fires (1964) compile autant de foyers que de détonateurs possibles. Some Los Angeles Apartments (1965) fait état de typologies architecturales liées au logement collectif, décor de la révolte des banlieues à Los Angeles en 1965.
 À l’aune de cette lecture personnelle, j’ai choisi, en tant qu’artiste, de rejouer cette trilogie terroriste en éditant trois livres d’artiste : Some Belsunce Apartments (2008) dénonce la démolition et reconstruction architecturales comme stratégie de gentrification au sein du quartier de Belsunce à Marseille. Various Small Sparks (2014) incarne, par le séquençage des détonations électriques de la démolition architecturale par explosif des dix tours Démocratie à Vénissieux en 1994,l'échec de l’utopie démocratique. Twenty six Blanks Rocks (à paraître en 2017) est un livre-bombe : vingt-six pierres lithographiques marquent la surface de chaque page d’une empreinte de pétrole brut prêt à s’enflammer. L’origine du livre est une pierre (à imprimer comme à construire), la surface noire est à la fois une feuille vierge et une page palimpseste saturée d’écritures où tout et rien ne sont possibles à lire, chaque page du livre est un étendard anarchiste où l’encre noire devient l’essence, l’énergie d’une révolution de la pensée comme du regard. »

Anne-Valérie Gasc

Site web de l'artiste : http://www.documentsdartistes.org/artistes/gasc/repro.html