LE JAUNE D’EN HAUT

CAROLINE DENERVAUD

Double V est heureuse de présenter Le jaune d’en haut, la nouvelle exposition personnelle de Caroline Denervaud à Paris.

Vernissage le Jeudi 11 janvier de 18h à 21h

Du 12 janvier au 17 février 2024

37 rue Chapon · 75003 Paris

_______________________

Double V is pleased to present Le jaune d’en haut the new solo exhibition of Caroline Denervaud in Paris.

Opening Reception : Thursday, January 11, from 6 to 9 pm

From January 12 to February 17, 2023

37 rue Chapon · 75003 Paris


Les peintures naissent souvent de dessins préparatoires, d’esquisses, d’études, de photographies. Elles sont aussi parfois peintures de geste, de souffle ou écritures automatiques. 

Les performances naissent souvent de schémas et de scénarios et se mémorisent sous forme de photographies, de vidéos et d’objets-accessoires qui deviennent parfois sculptures. 

Chez Caroline Denervaud, les peintures proviennent de performances improvisées et dansées, d’une forme de création où le corps entre en transe et fait fusion avec la toile qu’elle est seule à pratiquer. Elle est la cheffe d’orchestre d’une partition où chaque élément de structure, musical ou pictural, est un langage exprimé par gestes. 

Le processus de transformation qu’elle a élaboré se déroule en plusieurs temps. Caroline Denervaud, qui s’était tout d’abord destinée à la danse, choisit un vêtement particulier. Puis, munie d’un morceau de charbon ou d’un pinceau enduit de peinture noire, imprime en dansant sur la toile étendue au sol des formes-mémoires de ses gestes qu’elle appelle des Traces. Elle dit : « Ça donne la limite, c’est comme un ring de boxe dont il ne faut pas sortir ». Une caméra enregistre en vidéos ces moments de la performance. 

A la caséine, principalement, qui donne matité et profondeur à ses toiles, Caroline Denervaud applique ensuite les couleurs, dans des gammes de bleus, de verts, de jaunes, de roses et de rouges, parfois ponctués de blanc. Des cercles, des courbes, des formes souples, asymétriques, forment des boucles, s’enchevêtrent, prennent place sur des champs de couleur planes. La toile, libre, est ensuite disposée généralement à la verticale et trouve ainsi un autre équilibre, se tient debout dans la position la plus commune au corps humain. 

De petites planètes, formes rondes ou ovoïdes, reviennent de manière récurrente et créent un univers, rythment une cosmogonie propre à Caroline Denervaud. Peut-être l’artiste s’inscrit-elle dans l’histoire de l’abstraction, de Sonia Delaunay à Jackson Pollock ou à Sol Lewitt (chez qui l’on peut retrouver rythmes, variations et improvisations), peut-être dans celle de la performance dessinée contemporaine, de Luciano Castelli à Marcella Barceló ou Dobrawa Borkala (mais dans une version abstraite). Elle trouve surement sa place dans la longue lignée de celles et ceux qui à travers l’art transmettent la fragile sensibilité, pour eux-mêmes et pour le regardeur, et qui permettent selon ses mots de « Chercher une liberté, une expression, dire ce que l'on ressent, être et se sentir vivant ».

Pascale Le Thorel

Caroline Denervaud, née en Suisse, s’est formée à la danse au Laban Centre for Movement and Dance à Londres, aux arts plastiques aux Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Sylvie Fanchon puis aux arts du textile et de la mode au Studio Berçot à Paris. 

Pascale Le Thorel est critique d’art et commissaire d’expositions. Elle dirige les éditions des Beaux-Arts de Paris. Récemment elle a consacré deux expositions aux « Libres figurations des années 1980 » et a publié chez Larousse L’art contemporain par les femmes et Femmes photographes.

~

Paintings are often born of preparatory drawings, sketches, studies, and photographs. There are also paintings created through gesturalism, blowing, or automatism.

Performances are often born of choreography and scripts, and are conserved through photographs, videos, and object-accessories that sometimes become sculptures. 

For Caroline Denervaud, paintings arise from improvised and danced performances, a form of creation in which the body enters a trance and fuses with the canvas, a form of creation that is uniquely her own. She is the conductor of a score where every structural element, whether it is musical or pictorial, is a language expressed through gestures.

The transformative process she has conceived unfolds in multiple stages. First, Caroline Denervaud, who had initially desired to become a dancer, chooses a particular item of clothing. Then, as she dances across a canvas spread out on the floor, she uses a piece of charcoal or a brush coated with black paint to make memory-forms of her movements that she calls Traces. “This establishes the limits; it’s like a boxing ring with boundaries that can’t be crossed,” she says. A video camera records the artist’s moments of performance. 

Next, principally using casein paint to give her canvases a matte finish and a sense of depth, Caroline Denervaud applies colors in ranges of blues, greens, yellows, pinks, and reds, sometimes punctuated with white. Circles, curves, and supple, asymmetrical shapes that form loops are intertwined and establish themselves on flat fields of color. The free-standing canvas is then typically placed vertically, thus achieving a different equilibrium and maintaining the upright position most common to the human body. 

Small planets, round forms, or oval shapes are recurrent, creating a universe, a cosmogony of Caroline Denervaud’s own making. Perhaps she is part of the history of abstract art, from Sonia Delaunay to Jackson Pollock or Sol LeWitt (whose work can be traced back to rhythms, variations, and improvisations); or perhaps the history of contemporary performance art, from Luciano Castelli to Marcella Barceló or Dobrawa Borkala (but an abstract version). She surely belongs to the long line of those who, through art, transmit a fragile sensibility that encompasses themselves and the observer, allowing us, in her words, “to seek a freedom, an expression, to say what we feel, to be and feel alive.”

Pascale Le Thorel

Caroline Denervaud was born in Switzerland and trained in dance at the Laban Centre for Movement and Dance in London, in visual arts at Sylvie Fanchon’s studio at the Beaux-Arts de Paris, and in textile and fashion arts at the Studio Berçot in Paris.

Pascale Le Thorel is an art critic and exhibition curator. She is the director of the Beaux-Arts de Paris publishing house. Among her recent work, she has organized two exhibitions devoted to the Figuration Libre movement in the 1980s, and authored the books L’art contemporain par les femmes and Femmes photographes with the publisher Larousse.